Alexandre Gioffredy (Greenkub) : « Diriger une entreprise de 100 personnes est plus facile » [LesEchos]

Le 22 Avril 2022, le célèbre quotidien économique « Les Echos » a interviewer dans le cadre de son podcast « Côté Business », le fondateur de Greenkub, Alexandre Gioffredy. Au cours de ce podcast, Alexandre Gioffredy revient sur le parcours qui l’a mené aujourd’hui à la réussite de Greenkub, que ce soit l’avant Greenkub ou la génèse du projet.

Le fondateur de la start-up Héraultaise évoque aussi les enjeux le l’évolution de la société, surtout dans le cadre d’une évolution rapide et présente le futur de Greenkub, ses axes de développement et ses éventuelles exportations à l’étranger.

Pour finir, le président présente les modification structurelles de l’entreprise et comment cela impact son quotidien d’entrepreneur.

Bonjour à tous, bonjour à tous, bienvenue dans côté business. Bonjour Alexandre Gioffredy 

AG : Bonjour

YV : Vous êtes le fondateur de Greenkub, vous l’avez fondé fin 2013, c’est un entreprise qui conçoit et installe des studios de jardin chez les particuliers. Alors nous allons revenir tout à l’heure sur l’activité de votre entreprise mais avant j’aimerai qu’on parle de vous. Vous avez eu plusieurs vies avant Greenkub, vous avez 20 ans que vous avez créé votre première entreprise quand vous avez décidé que vous seriez chef d’entreprise. 

AG : Alors j’ai toujours voulu être chef d’entreprise, depuis tout petit, mon père était déjà entrepreneur et c’est quelque chose qui m’a toujours attiré le fait de créer et aussi d’être un petit peu autonome, de pouvoir porter mes propres idées, mes propres convictions et puis du coup assez naturellement je me sui tourné vers l’entrepreneuriat, dès la fin de mes études donc assez tôt. 

YV : Ça vous a aidé à créer plusieurs entreprises d’affilés avant Greenkub ? 

AG : Alors pour moi, j’ai même l’impression que ça a été essentiel justement à la réussite de Greenkub, le fait d’avoir créer une première entreprise. On peut penser que c’est facile d’entreprendre mais en réalité il y a tout un tas de paramètres, on va gérer l’ensemble des aspects qui attrait à la vie d’une entreprise, la comptabilité, le commerce, la fabrication, la production industrielle… Et donc ça nécessite de l’expérience, créer une première entreprise comme ça très jeune, c’était en quelque sorte pour moi, une excellente expérience parce que ça m’a permis de voir un peu tous ces aspects. Alors ça a été un échec mais un échec constructif parce que ça m’a permis de comprendre que finalement j’étais pas encore assez mûr pour justement créer une entreprise digne de ce nom. 

YV : Comme une sorte d’école de commerce sur le tas 

AG : Voilà c’est ça exactement. 

YV : Lorsque vous avez créer Greenkub, vous étiez déja précurseur à plus d’un titre parce que déjà vous prenez une construction écologique mais aussi parce que le marketing digital a été au coeur de l’entreprise

AG : Tout à fait

YV : Comment vous est venue cette idée justement de Greenkub ? 

AG : On est parti de la technologie, j’ai tout toujours été assez fasciné par les procédés constructifs, tout ce qui permet d’accélérer la vitesse d’exécution d’un chantier et donc je suis parti de la techno donc on est parti des side-pannel donc justement le procédé constructif qu’on utilise chez Greenkub ; à l’origine je voulais créer une boite de maison individuelle avec ce procédé constructif mais je me suis vite rendu compte qu’il y avait beaucoup de barrières à l’entrée de la création d’entreprise de maison individuelles, barrières juridiques, barrières techniques, et donc dans mes études de marché j’ai identifié un besoin auprès d’une cible de particuliers propriétaires de maisons, besoin d’agrandissement, de m² supplémentaires et la effectivement le produit s’y prête parfaitement et c’est comme ca que j’ai commencé l’aventure Greenkub en proposant un studio de jardin à cette clientèle de particuliers.  

YV : Vous êtes originaire de Montpellier ? 

AG : Je suis originaire de Montpellier. 

YV : Comment l’écosystème vous a aidé à la création de l’entreprise ?  

AG : Alors à Montpellier on a énormément de dispositifs qui aident la création d’entreprise, beaucoup de pépinières d’entreprise, nous on a commencé dans une pépinière qui s’appelle Réalis et qui nous a permis d’obtenir un certain nombre d’aide, de dispositifs d’accompagnements au démarrage donc on a eu de mémoire 180 000€  d’aide de la région et de BPI France au démarrage de Greenkub. 

YV : Vous avez bénéficié d’un accompagnement de pères, de mentorat, de conseils ? 

AG : Alors un petit peu, oui effectivement, il y a des spécialistes, il y a beaucoup de réunions qui sont organisées avec des cabinets d’expert comptables, des banquiers au sein de ces pépinières  mais nous on a surtout profité du dispositif d’accompagnement financier au démarrage. 

YV : Donc depuis 3 ans vous doublez votre chiffre d’affaires pratiquement tous les ans, vous prévoyez plus de 20 millions de chiffre d’affaires cette année, comment voyez vous le développement de cette entreprise ? 

AG : Alors là aujourd’hui, les focus sont plus industriels, on est vraiment concentré sur l’exécution de notre business, on est en train de prendre une taille industrielle et donc de structurer toute la partie exécution, donc le stockage, la logistique, toute la partie industrialisation des process d’installation de nos studios on est donc vraiment dans une démarche d’amélioration continue et la fait de rendre plus efficace toutes ces étapes de d’éxécution. 

YV : Vous avez des projets de développement de structure un peu partout en France je crois. 

AG : L’idée effectivement c’est de rationaliser les coûts de transports, parce que notre business implique énormément de transport donc l’idée est d’implanter des plateformes logistiques en régions, alors les régions qui marchent le mieux pour nous c’est l’Ile de France et la Nouvelle Aquitaine et donc on a déjà le depuis le début de l’année entamé l’implantation d’une plateforme logistique à Maux dans le sud de Paris et on a un aussi un 2e projet en Aquitaine, à côté de Bordeaux. 

YV : Vous vous fixez des limites, dans votre ambition ? 

AG : Non, on a marché qui est extrêmement profond, il y a 18 millions de maisons individuelles en France, c’est un marché qui est d’une profondeur quasi infinie donc on se fixe pas forcément de limite, l’idée c’est d’arriver à bien faire notre métier, donc pas aller trop vite non plus. On essaye d’aller étape par étape, alors on double effectivement notre chiffre d’affaires, quand on passe de 5 millions à 11 millions, puis de 11 millions à 22 millions c’est quand même des gros gap de création supplémentaires de chiffres d’affaires donc effectivement on se concentre énormément sur le fait de bien faire notre travail et de pas aller trop vite en besogne mais on a la capacité je pense, assez rapidement de devenir une réelle ETI. 

YV : Vous avez des ambitions internationales ou pas ? 

AG : Pas du tout, en tout cas pas pour l’instant. Moi je considère qu’il y a un marché qui est suffisamment profond en France pour  ne pas avoir besoin en tout cas pour l’instant d’aller à l’international et en plus c’est un produit qui est quand même dimensionné pour le marché français, il y a des contraintes réglementaires, il y a des contraintes également de commercialisation, liée effectivement à la cible française et francophone et aujourd’hui pour moi ce serai un petit peu prématuré d’aller à l’étranger parce qu’il faudrait redesigner nos produits. En France par exemple, le permis de construire va jusqu’à 20m², enfin il n’y a pas besoin de permis de construire en dessous de 20m² , à l’étranger c’est probablement d’autres réglementation donc on a designer nos produits pour justement se conformer à cette réglementation française

YV : Qu’est ce qui a changé votre quotidien d’entrepreneur entre le moment ou vous avez créé , où vous étiez une toute petite entreprise et aujourd’hui ou vous etes quand meme une PME avec des salariés qui sont pas forcément tous au siège, qu’est ce que ca change dans votre quotidien et quelles compétences vous avez dû mettre en oeuvre ?  

AG : Alors tout a changé puisque c’est moi qui prenait ma voiture pour aller faire directement les rendez vous clients, j’étais à la fois le comptable, le commercial et le téléopérateur de l’entreprise, donc l’avantage c’est que j’ai pu voir  de près un peu tous ces métiers , là maintenant je suis moins dans l’opérationnel et plus dans le pilotage stratégique de l’entreprise. J’ai un comité de direction, il y a plusieurs étapes dans la vie d’une entreprise et aujourd’hui on est 110 personnes dans la boîte, j’ai un comité de direction avec des gens très structurés, très compétents dans leurs domaines et c’est effectivement peut être plus facile à cette taille de boîte que plus petit. 

YV : Vous avez levé très peu de fonds, je crois que vous avez levé 400 000€ seulement depuis le début ? 

AG : Un petit peu plus

YV : Vous n’envisagez pas d’ouvrir votre capital un peu plus pour accélérer votre croissance ? 

AG : Non pas pour l’instant, on a la chance d’avoir un BFR qui est structurellement négatif donc on a pas forcément besoin de cash pour continuer notre croissance et on a donc plutôt fait  une levée de fond d’amorçage au début pour amorcer et démarrer la commercialisation du produit. Aujourd’hui on a pas de besoin particuliers donc pas de raison d’ouvrir notre capital.  

YV : Dernière question Alexandre Gioffredy, si vous aviez un conseil à donner, un seul aux entrepreneurs qui auraient envi de créer une entreprise ou à ceux qui développent leur entreprise ? 

AG : Alors moi si j’ai un conseil à donner ce serait de parler de votre projet, je vois beaucoup d’entrepreneur qui n’osent pas parler de leur idée par peur de se la faire piquer et je pense qu’au contraire c’est en confrontant ses idées, qu’on arrive à l’améliorer et à la rendre viable.